Questions - réponses

KT

Appendice

IV. Quelques questions avec leurs réponses

A l'usage de ceux qui veulent s'approcher du sacrement de la Sainte-Cène

Par Martin Luther

Crois-tu que tu es pécheur ?
Oui, je crois que je suis un pécheur.

Comment en as-tu acquis la connaissance ?

Par les Dix Commandements que je n'ai point observés.

Te repens-tu aussi d'avoir péché ?
Oui, je me repens sincèrement d'avoir péché contre Dieu.
Que méritent tes péchés devant Dieu ?
J'ai encouru sa colère et sa disgrâce: j'ai mérité la mort temporelle et la damnation éternelle.
Espères-tu néanmoins être sauvé ?
Oui, j'espère être sauvé.
Par qui ?
Par Jésus-Christ, mon Seigneur.
Qui est le Christ?
Le Christ est le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme.
Combien y a-t-il de dieux ?
Un seul, mais en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Qu'a donc fait le Christ pour toi, que tu mettes ton espoir en Lui ?
Le Christ est mort pour moi, il a répandu son sang sur la croix en rémission des péchés.
Dieu le Père est-il aussi mort pour toi ?
Non, car il n'y a en Dieu le Père que la nature divine. Tel est aussi le Saint-Esprit. Mais le Fils unit en lui la nature divine et la nature humaine et c'est dans l'union des deux natures ou comme Homme-Dieu qu'il est mort pour moi, qu'il a répandu son sang pour moi.
Qu'est-ce qui te l'apprend ?
Le saint Évangile et les paroles de l'institution d'après lesquels son corps et son sang me sont donnés comme gage dans le sacrement.
Quelles sont les paroles de l'institution ?
Le Seigneur Jésus, étant à table avec ses disciples, la nuit où il fut trahi, prit du pain et, ayant rendu grâces, il le rompit, le donna à ses disciples et dit: "Prenez, mangez, ceci est mon corps qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi". De même, après avoir soupé, il prit la coupe rendit grâces et dit: "Prenez, buvez-en tous ; cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous et pour plusieurs en rémission des péchés ; faites ceci en mémoire de moi, toutes les fois que vous en boirez. "
Ainsi tu crois en la présence réelle du corps et du sang du Christ dans le Sacrement ?
Oui, j'y crois.
Sur quoi fondes-tu cette croyance ?
Sur ces paroles du Christ: " Prenez, mangez, ceci est mon corps. Buvez-en tous, ceci est mon sang. "
A quoi nous engageons-nous quand nous mangeons son corps et que nous buvons son sang et que son immolation nous est ainsi confirmée ?
Nous nous engageons à annoncer sa mort et son sacrifice et à nous souvenir, selon qu'il nous l'a enseigné : " Faites ceci en mémoire de moi ", dit-il, " toutes les fois que vous en boirez. ".
Pourquoi devons-nous nous souvenir de sa mort et l'annoncer?
Afin que nous croyions fermement qu'aucune autre créature que le Christ, vrai Dieu et vrai homme, n'a pu offrir une satisfaction suffisante pour nos péchés, que nous apprenions à nous effrayer de nos péchés et à en considérer l'énormité, que notre joie et notre espoir soient en lui seul et que cette foi nous sauve.
Quel motif l'a porté à mourir pour nos péchés et à les expier ?
Son grand amour pour son Père, pour moi et pour les autres pécheurs, ainsi qu'il est écrit :
Jean 15, Rom. 6, Gal. 2.
Dans quel but alors veux-tu t'approcher du Sacrement ?
Afin que j'apprenne à croire que le grand amour du Christ l'a porté à mourir pour mes méchés, et que j'apprenne aussi de lui à aimer Dieu et mon prochain.
Quels motifs rendent la participation au Sacrement obligatoire ?
De la part de Dieu il y en a deux :

1) le commandement et l'appel du Seigneur
2) la promesse.

De notre part, il y a notre propre besoin qui nous obsède et nous presse et en considération duquel sont faits ce commandement, cet appel et cette promesse.

Que doit faire le chrétien qui ne peut sentir ce besoin ou qui n'éprouve ni faim ni soif pour le Sacrement ?
Ce qui peut lui être le plus avantageux, c'est qu'il s'examine sérieusement afin de reconnaître : premièrement, s'il vit encore dans la chair, et s'il croit à ce que dit l'Ecriture à ce sujet. (Gal. 5 ; Rom. 6)
Secondement, s'il est encore dans le monde ; en jetant les yeux autour de lui, il verra que le péché et la détresse y abondent (Jean 15 et 16, 1, Jean 2 et 5)
Troisièmement, s'il n'a pas auprès de lui le diable qui, par des mensonges et mille séductions, ne lui laissera ni jour ni nuit aucune paix, ni intérieurement ni extérieurement (Jean 8 et 16 ; 1 Pierre 5 ; Ephés. 5 ; 2. Tim. 2.