La discipline fraternelle

KT

Appendice

III. De la discipline fraternelle

(Catéchisme de Strasbourg)

Le Seigneur dit (Matth. 18, 15-20) : " Si ton frère a péché contre toi, va et reprends-le entre toi et lui seul ; s'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. Mais s'il ne t'écoute pas, prends avec toi encore une ou deux personnes, afin que tout soit confirmé sur la parole de deux ou trois témoins. S'il ne daigne pas les écouter, dis-le à l'Eglise ; et s'il ne daigne pas écouter l'Eglise, regarde-le comme un païen et un péager. Je vous dis en vérité que tout ce que vous aurez lié sur la terre, sera lié au ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre, sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander quelque chose, tout ce qu'ils demanderont leur sera accordé par mon Père, qui est aux cieux. Car où il y a deux ou trois personnes assemblées en mon nom, j'y suis au milieu d'elles. "

Que nous apprennent ces paroles ?

Elles nous apprennent que les fidèles doivent, par une discipline fraternelle, se prêter un mutuel secours afin de se garantir de l'enfer et de la damnation et d'assurer leur marche vers le ciel, afin de jouir de la vie éternelle ; car, unis dans le Christ, Notre Seigneur, comme membres d'un même corps par le Baptême, ils sont devenus enfants et héritiers de Dieu, citoyens du ciel, et doivent posséder en commun les biens célestes.

Comment les fidèles se prêtent-ils secours ?

Ils doivent accueillir avec bonté, instruire avec douceur et consoler affectueusement par les promesses de l'Evangile les croyants faibles qui, tombés peut-être inopinément dans une faute, en éprouvent du regret et de l'affliction ; mais les pécheurs obstinés et impénitents qui, après avoir scandalisé l'assemblée des fidèles par des péchés graves et manifestes et par des vices honteux, refusent de se rendre aux exhortations de l'Eglise, doivent être repris et censurés publiquement, afin qu'ils aient honte de leurs fautes, qu'ils renoncent à leurs péchés, qu'ils se convertissent et qu'ils s'amendent.

Comment devons-nous reprendre et censurer notre frère ?
Après avoir invoqué le Dieu Tout-Puissant, au nom de Jésus-Christ, pour être animés du Saint-Esprit, nous devons reprendre et censurer notre frère en particulier avec toute sorte de bonté, de douceur et de prudence, afin de ménager sa réputation et de ne compromettre personne, et qu'ainsi l'on soit bien convaincu que nous n'avons en vue que l'amendement et le salut de notre prochain.
Combien de fois devons-nous reprendre ainsi le frère qui se rend coupable de péché ?
Nous devons le reprendre et le censurer toutes les fois que nous avons l'espoir de contribuer à son amendement.
Qui a le pouvoir d'exclure de l'Eglise de Jésus-Christ ?
L'Eglise elle-même, par l'organe de ses pasteurs et de ses anciens
Combien de fois devons-nous pardonner ?
Nous devons pardonner chaque fois que notre frère vient à nous plein de confiance et nous dit : " Je me repens. "
Quelle doit être la pénitence imposée ?
Aucune. Il suffit que notre frère ne retombe plus dans ses fautes passées, qu'il renonce au mal et donne dorénavant à l'Eglise l'exemple d'une vie exempte de scandale.